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Poste de traite

En quittant le camp du bûcheron, le long du lac Montagnais, on retrouve le poste de traite. Cet emplacement a été judicieusement choisi car les postes de traite étaient établis le long des voies d’eau, près d’un lieu pour accoster. C’était des endroits idéals pour leur établissement car c’est en canot que les marchandises arrivaient et que la plupart des Amérindiens voyageaient.
Le poste de traite des Sentiers de la nature est une fidèle reconstitution, selon la description faite en 1732 par l’explorateur J.L. Normandin, du poste de traite de l’Ashuapmouchouan. Ce poste est constitué de la maison du commis et du magasin, avec leurs toits faits d’écorces de bouleaux, d’une poudrière et d’un jardin, le tout entouré d’une haute clôture en bois rond.
Au début de la colonisation, deux compagnies se disputaient le monopole des fourrures par l’entremise des nombreux postes de traite répartit sur le territoire. Il y avait la Compagnie de la Baie d’Hudson au nord, gérée par les Anglais, et la Compagnie du Nord-ouest, gérée par les Français. Elles ont fusionné en 1821 après la conquête par les Anglais.
Notre poste de traite est donc une réplique de celui de l’Ashuapmouchouan, nom qui signifie « l’endroit où l’on guette l’orignal ». Appellation qui a également tout son sens ici car on retrouve de nombreux orignaux dans les environs.
C’est au poste de traite que le troc (échange de biens) était effectué entre les Amérindiens et le commis de la Compagnie. On y échangeait principalement des fourrures de castors contre des biens utilitaires. Par exemple, on échangeait les produits de la trappe contre des balles de plomb, des couteaux, des fusils, des lames d’épée, des miroirs, de la poudre, etc. à des taux pré-établis. Tous ces objets étaient conservés dans le magasin et gérés par le commis.
Les marchandises arrivaient par canot, le « canot de maître ». Ce canot pouvait mesurer de 7.5 à 12 mètres (environ 35 à 40 pieds) de longueur, était dirigé par 14 hommes d'équipage et pouvait transporter trois tonnes de marchandises et une tonne de voyageurs ou de provisions. Pour le transporter, il fallait de 6 à 8 hommes.
Les Amérindiens apportaient les peaux de castors mais toutes n’étaient pas de même qualité. Les peaux les plus recherchées étaient celles ayant déjà été portées pendant une saison ou deux par les Amérindiens, parce qu’elles avaient perdu leurs poils longs appelés « jarres » et que seul le sous-poil, appelé bourre, restait. Ces peaux étaient idéales pour faire des chapeaux de feutre, alors très populaires en France.
Les « tondreux » de castor étaient également une monnaie d’échange. Ces glandes, qui permettent au castor de marquer son territoire, servaient dans la fabrication de médicaments et de parfums.
Cette période prospère pour la chasse et la trappe a eu un impact positif important au niveau économique mais cette exploitation à outrance des ressources animalières a aussi eu de graves conséquences. Le castor et l'orignal ont disparu de contrées autrefois giboyeuses. Les amérindiens, pour qui ces animaux représentaient la principale source de nourriture, ont été réduits à la famine et décimés par les maladies. En raison de la rareté croissante des fourrures, les postes de traite de l'intérieur des terres ont fermé leurs portes les uns après les autres.
Ceci démontre bien que l’humain fait partie de la balance écologique et que la faune et la flore ne peuvent être considérés en vase clos.
RÉFÉRENCES
- Bouchard, Russel. 1976. Les armes de traite. Collection histoire populaire du Québec. Éditions du boréal Express Ltée. Québec. Canada. 118 pages.
- Ministère Des Affaires Indiennes Et Du Nord Canada. 1997. Les premières nations du Canada. Ottawa. Canada. 23 pages.
- Pomerleau, Jeanne. 1994. Les coureur de bois : La traite des fourrures avec les Amérindiens. Éditions J.-C. Dupont. Sainte-Foy. Canada. 143 pages.
- Simard, Robert. 1979. Le poste de traite d'Ashuapmouchouan. Dossiers de recherche. Études Amérindiennes. Centre de recherche du Moyen nord. Université du Québec à Chicoutimi. Québec. Canada. 171 pages.
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