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La ferme du colon

Le site historique reconstitué de la ferme du colon est un hommage à nos ancêtres, hommes et femmes, qui ont courageusement colonisé notre région. Du courage il en fallait car il fallait défricher la forêt, construire des habitations et subvenir aux besoins d’une famille nombreuse. Il fallait être autosuffisant.
Le Saguenay et le Lac Saint-Jean ont commencé à être colonisés vers le milieu du 19ième siècle (1850-1900) par des colons venus de Charlevoix après que la Compagnie de la Baie d'Hudson eut perdu son monopole (1837) sur ce territoire. L’arrivée du chemin de fer a aidé la colonisation de l’arrière-pays québécois (Chambord – 1887, Roberval – 1888, le Saguenay – 1889) et contré la migration de la population rurale vers les villes. Omniprésents, les prêtres ont encouragé cette colonisation.
Le site de la ferme du colon comporte tous les éléments représentatifs des fermes telles qu’elles existaient au tout début du 20ième siècle. Il y avait le camp en bois rond, qui était le premier bâtiment construit à l’arrivée des colons et qui servait, par la suite, de poulailler ou de remise. Après, le colon s’empressait de construire une maison en pièces sur pièces avec les coins en queue d’aronde. Celle des Sentiers a été construite par Philias Tremblay, venu de l’Île-aux-Coudres avec sa femme en 1875. Une des premières maisons de St-Félicien. Elle a été rénovée par la suite mais elle nous apparaît aujourd’hui sous son aspect de 1904.
Venait par la suite la grange et l’écurie. Les chevaux étaient très importants pour les colons car ils servaient au travail de la ferme. Les fermiers en possédaient généralement entre 3 et 6 et ils étaient synonymes de fierté pour ces cultivateurs. La grange et l’écurie que nous possédons proviennent de La Doré, la municipalité voisine. Elles ont été restaurées et on leur a redonné leur apparence de 1910.
Parmi les autres constructions, on peut remarquer une « bécosse », mot qui vient de l’anglais « back house » et qui désigne un cabinet d’aisance extérieur (à l’arrière de la maison). Aussi, un four à pain extérieur. Ce qui était très commun à l'époque, d'une part parce qu'on faisait soi-même son pain et, d'autre part, parce qu’on voulait échapper à la chaleur insoutenable de la cuisson intérieure lors de la saison estivale. On y faisait cuire de 15 à 20 pains à la fois.
Le bois, matière première de la région, était abondamment utilisé par les colons qui produisaient eux-mêmes tout ce qui leur était nécessaire. Le bois servait à chauffer la maison et à construire des bâtiments, des meubles, des clôtures, des outils, des jouets, etc. À l'époque, on ne jetait rien et on récupérait tout, car tout avait une utilité. Par exemple, lors de l’abattage d’un animal on utilisait la viande, la peau pour le cuir, et le gras pour le savon et les chandelles, etc. Évidemment, les journées étaient bien remplies. Chacun avait des tâches à accomplir qui variaient selon les saisons, mais l’été était la période où il y avait le plus de besogne à abattre.
Heureusement, toutes les activités des habitants étaient entrecoupées de fêtes, de rites et de célébrations qui faisaient agréablement passer les longues soirées d’hiver. En été, s’il faisait beau, on pouvait parfois se baigner, pêcher, assister à la foire aux chevaux ou encore rendre visite à un parent ou un ami. Ces moments ont contribué à l’esprit chaleureux et à la réputation de bons fêtards des gens de la région.
RÉFÉRENCES
- Groulx, Lionel. 1960. Histoire du Canada Français. Tome 2. Fides. Ottawa. 442 pages.
- Lacoursière, Jacques. 1998-99. Épopée en Amérique. Notre histoire à lire et à collectionner. No 5 : La vie quotidienne des habitants. Publicor. Publications Québecor. Québec. Canada.
- Lacoursière, Jacques. 1998-99. Épopée en Amérique. Notre histoire à lire et à collectionner. No 9 : Une ère de progrès. Publicor. Publications Québecor. Québec. Canada.
- Sauvageau, Thérèse. 1998. Dans le bon vieux temps c'était comme ça.… Éditions Anne Sigier. Sillery. Canada. 93 pages.
- Sélection du Reader’s Digest. 1981. L’art de vivre au temps jadis: tout le savoir faire de nos grands-parents. Sélection du Reader’s Digest Canada Ltée. Montréal. Canada. 384 pages.
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