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Historique

 

Histoire du CCBB

Chronologie : du zoo au CCBB

1960

Ouverture du premier Jardin zoologique dans une renardière désaffectée

1961

Émission des lettres patentes de La Société zoologique de Saint-Félicien inc.

Achat de l’Île-aux-Bernard

1962

Arrivée des premiers ours polaires

1963

Arrivée du premier orignal

1964

Arrivée du premier éléphant, Limba

1965

Arrivée des femelles caribous et naissances de leurs faons

1966

Construction de la station piscicole

1969

Construction du pavillon des gros mammifères et du centre administratif

1970

Arrivée des premières girafes

1972

Inauguration de la première phase des Sentiers de la nature

1973

Acquisition du camping

1974

Achat de terrains pour l’agrandissement des Sentiers de la nature

1975

Travaux dans les Sentiers de la nature

1976

Naissance de la première girafe

1978

Inauguration de la deuxième phase des Sentiers de la nature

Arrivée des premiers bœufs musqués

1981

Lancement du projet « zoo de l’an 2000 »

Mise sur pied de la Fondation de la Société zoologique de St-Félicien

1985

Mise en chantier d’importants travaux de construction

1986

Conflit de travail et mise en lock-out

Crise financière et formation du Comité de relance

1987

Mise sur pied du service éducatif (programme ECOL-O-ZOO)

Campagne de levée de fonds du Comité de relance

Modifications des règlements généraux de la Société

1989

Nouvelle appellation : zoo « sauvage » de St-Félicien

Arrivée du premier carcajou

Construction du Mausolée de la licorne à l’entrée du zoo

1992

Retraite du fondateur M. Ghislain Gagnon

Premier prix des Grands prix du tourisme québécois catégorie promotion touristique

1993

Réalisation du système de traitement écologique des eaux usées par les marais artificiels

Vente du camping à la ville de St-Félicien

Formation du Comité d’experts pour définir et valider le créneau du zoo « sauvage »

1994

Révision du plan directeur et nouvelle orientation du zoo « sauvage »

1995

Fin de la construction de la clinique vétérinaire

Travaux sur l’Île-aux-Bernard

1996

Travaux secteur de la vallée

1997

Construction de l’habitat des ours polaires

Ouverture du zoo « sauvage » 4 saisons

1999

Prix d’or aux Grands prix touristiques québécois dans la catégorie Tourisme durable et responsable

2000

Inauguration de « l’expérience Zoom Nature »

Définition du nouveau créneau : la Boréalie

2001

La « Société zoologique de St-Félicien » disparaît pour laisser place au « Centre de conservation de la biodiversité boréale (CCBB) inc. »

2002

Début des travaux de la nouvelle bâtisse le « Boréalium »

2003

Inauguration du Boréalium, première phase du nouveau développement

Inauguration du portail informatique (borealie.org) en remplacement du site internet

Depuis sa création, le Zoo sauvage de Saint-Félicien a constamment été un lieu d'innovation. C'est sans doute ce qui explique qu'il a pu devenir l'attrait touristique recevant le plus de visiteurs au Saguenay-Lac-Saint-Jean et l’un des sites les plus fréquentés au Québec. De récréative à ses débuts, sa mission s'est enrichie au fil des années, à mesure que se raffinait son approche et que se précisait son originalité. Éducation, conservation et recherche sont maintenant des parties intégrantes de son fonctionnement. 

Maintenant, retournons en arrière afin de mieux comprendre l’évolution de cette entreprise artisanale à celle que nous connaissons aujourd’hui.

L’histoire débute en mai 1960 alors que M. Ghislain Gagnon, policier municipal, ancien forestier et homme aimant profondément la nature, rêve d’établir un zoo à St-Félicien. Il est si enthousiasmé par son idée qu’il réussit à convaincre six autres personnes.

Les pionniers

  • Ghislain Gagnon
  • Yvon Castonguay
  • Jean-Marie Gagnon
  • Marcel Hudon
  • Marcel Lefebvre
  • Alexandre Tremblay
  • Jean-Paul « Pit » Tremblay

Ensemble, ils réussissent l'impossible, soit transformer et aménager en zoo, un ancien parc à renards désaffecté, situé à l'entrée sud de la ville de Saint-Félicien, terrain gracieusement prêté par monsieur Haldaige Laflamme.

Le 17 juillet 1960, le nouveau Zoo ouvre ses portes et réussit en trois mois seulement, à attirer plus de 22 000 visiteurs. C'est presque incroyable! Ce succès est entièrement dû aux sept promoteurs, à leur ténacité, à leur dévouement et à leur esprit d'initiative. Le Zoo compte déjà 160 animaux pour intéresser les visiteurs. À cette époque, le prix d’entrée était de 25¢, l’actif totalisait 4 000$ et les revenus bruts de l’année étaient de 2 300$. Ce premier succès fait place à des projets plus concrets.

En novembre 1960, les promoteurs du Zoo auxquels se joint alors Me Maurice Lamontagne, à titre de directeur et de conseiller juridique, engagent des négociations en vue d'acquérir l'Île-aux-Bernard. En même temps, ils forment une corporation sans but lucratif sous le nom de SOCIÉTÉ ZOOLOGIQUE DE ST-FÉLICIEN INC. dont les lettres patentes ont été émises le 4 janvier 1961.

L'Île-aux-Bernard est un endroit pittoresque qui donne au Zoo un cadre tout à fait approprié et incomparable. La Rivière aux Saumons l'arrose dans sa presque totalité et traverse le Zoo non loin de l'entrée. Une large superficie de beaux boisés longe la Rivière aux Saumons et la rivière Ashuapmouchouan et entoure l'ensemble du territoire possédé par la Société zoologique.

Le 7 février 1961, pour le prix de douze mille dollars payable à raison de cinq cents dollars par année sans intérêt, la Société achète l'Île-aux-Bernard et 24 acres de terrain de M. Paul E. Gagnon de La Cie Gagnon Ltée. Un prix de faveur, un véritable cadeau de la part de M. Gagnon!

Des subventions permettent l’accomplissement des premiers travaux mais il manque 10 000$. Cette difficulté est contrée avec la solidarité du milieu. La somme est amassée par le biais d'emprunts au montant de 500 $ chacun auprès de 19 personnes et d'une compagnie familiale de Saint-Félicien. Par la suite la plupart de ces prêts seront convertis en dons purs et simples.

Liste des prêteurs, mars 1961

  • Dr Roméo Banville
  • M. Albert Blouin
  • M. Égide Boivin, prêtre
  • M. Arthur Brassard
  • M. Florimond Côté
  • Dr Wilfrid Dumas
  • M. Roland Gagnon
  • M. Jules Grenier
  • M. Alfred Hamel
  • M. Paul Hamel
  • M. Charles-Émile Laberge
  • M. Jean-Louis Lamontagne
  • Mme L.-W. Leclerc
  • M. Paul Leclerc
  • M. Pascal Savard
  • M. Aurélien Talbot
  • M. Georges Tessier
  • M. J.-Adrien Tremblay
  • M. Jules Tremblay
  • Jos Dufresne & Fils Ltée

À ses débuts, le zoo de St-Félicien acquiert autant des animaux indigènes qu’exotiques, par exemple : ours noir, lama, cerf de virginie, loup gris, renard roux, lion et phoque. S’ajoutent à cette collection plusieurs espèces d’oiseaux et de primates.

C’est le 4 juin 1961 que le zoo est officiellement inauguré et béni par le chanoine Égide Boivin. À partir de ces débuts modestes, plusieurs années de travaux vont changer la face du zoo.

L’arrivée, le 31 mars 1962, d’un couple d’ours polaires est un événement important pour le zoo et attirera de nombreux visiteurs. Leur cage, d’une superficie de 190 mètres carrés est construite sur le bord de la Rivière aux saumons.

En 1963, la Société achète 8.5 hectares supplémentaires de terrain et aménage des enclos pour cervidés qui accueilleront les premiers orignaux. Il y a aussi plusieurs autres importantes constructions dont la grande volière de 9 m X 18 m X 7.6 m. Les bâtiments et divers enclos qui s’ajoutent permettent d’augmenter la collection animalière dont voici quelques exemples : couguar, chimpanzé, singes et 2 autres ours polaires. Cette année là également, on ajoute un petit train avec un parcours de 150 m qui fait le bonheur des petits pour la nouvelle saison, et pour plusieurs autres à venir.

Le fondateur, M. Ghislain Gagnon, est très heureux de l’arrivée tant attendu des premiers orignaux, les plus gros cervidés du monde. Cependant, la garde de ces animaux en captivité s’avère très difficile. Les animaux meurent rapidement, en quelques mois ou quelques semaines seulement. En effet, l’orignal est l’une des rares espèces d’animaux à avoir une espérance de vie plus courte en captivité qu’en liberté, et ce, malgré les bons soins et la nourriture en abondance.  Malgré cela, le zoo persévère et parvient, au fil des ans, à accroître la durée de vie de ses orignaux. Sans aucun doute, l’arrivée des sentiers de la nature a grandement contribuée à ce succès.

Dès 1963, le zoo expérimente l’élevage de la ouananiche, l’emblème piscicole de la région. Ces expériences sont couronnées de périodes de succès et d’échecs.  En 1965, 20, 000 alevins sont ensemencés dans la rivière. Une véritable pisciculture est construite en 1966 pouvant accueillir 300, 000 alevins.  Malheureusement, la Société cesse la production de la ouananiche en 1969, ne pouvant vendre sa production et manquant de fonds. La bâtisse servira par la suite à exposer des poissons dans plusieurs aquariums et plus tard à exposer des reptiles. L’histoire du bâtiment ne s’arrête pas là, car en 1981 un don de la Donohue de St-Félicien la convertit à nouveau en aquarium. 

On est en 1964 et les travaux continuent. L’événement à souligner est l’arrivée d’une éléphante d’Asie. L’année suivante le zoo a maintenant des enclos pour les otaries et les loutres, et voit l’arrivée de deux caribous. Une expédition visant à capturer des caribous était revenue bredouille du grand Nord l’année précédente. Celle de 1965, par contre, ramène 2 femelles gestantes qui donneront naissance respectivement à un mâle et une femelle.

Le zoo ne cesse de grandir en popularité et en renommée. En 1968, seulement 8 ans après son ouverture, le zoo possède 18 hectares de terrain où habitent 450 animaux de 91 espèces. Outre les enclos pour animaux, le zoo compte plusieurs bâtiments, par exemple, le restaurant, la cuisine, la boutique souvenir, la station piscicole et le quartier d’hiver.

Toujours en expension, le zoo amorce une autre étape de son développement avec l’aide d’une subvention de plus d’un demi-million de dollars du gouvernement du Québec répartit sur 3 ans. En 1968, la construction du nouveau pavillon des gros mammifères figure parmi les projets.

Le pavillon permet d’accueillir le 1 juillet 1970, un couple de gifares en provenance de Denver, au Colorado. Ceci représente l’achat le plus dispendieux pour un couple d’animaux depuis les débuts du zoo, soit 15 000$ CDN. Les girafes se reproduisent bien au zoo mais malheureusement, les girafons ne survivent généralement pas. Ils décèdent peu après la naissance ou quelques mois plus tard, accidentellement. Un seul rejeton mâle survit durant plusieurs années.

Le zoo continue son expension en achetant, en 1969, un terrain adjacent qui augmente sa superficie totale à 81 hectares.

Pendant ce temps, le fondateur M. Ghislain Gagnon, a d’autres ambitions. Lui, un aimant de la nature, est contraint de garder en cages et en enclos les animaux du zoo. Y aurait-il une autre façon de faire? De ce questionnement naît le projet des Sentiers de la Nature. 

Les Sentiers d’une superficie totale de 30 hectares, sont inaugurés le 10 septembre 1972. Les visiteurs, à partir de ce moment, peuvent observer les animaux de la faune québécoise d’un train grillagé qui parcourt un circuit d’environ 4 km. Les Sentiers, concept unique et innovateur, marque un tournant dans l’histoire de la Société Zoologique de St-Félicien. Aujourd’hui encore, « les humains sont en cage et les animaux en liberté ». Grâce aux Sentiers, les visiteurs peuvent observer les comportements des animaux dont il est très difficile d’être témoin en nature.

Cette même année, on rend hommage à M. Ghislain Gagnon, en inaugurant le pavillon d’accueil des Sentiers qui portera son nom :

HOMMAGE À GHISLAIN GAGNON

HOMMAGE D’ADMIRATION,
Au créateur du Jardin zoologique.
HOMMAGE DE RECONNAISSANCE,
À celui qui a fait découvrir à notre province sa faune et sa flore.
TÉMOIGNAGE DE CIVISME,
À celui qui a su réconcilier l’homme et les animaux sauvages grâce aux Sentiers de la nature.
TÉMOIGNAGE D’AMITIÉ,
À celui qui a su faire comprendre à tous ses amis : Qu’il faut aimer pour vivre.

L’acquisition du camping voisin du zoo, par la Société, est faite en 1973 afin d’assurer les infrastructures nécessaires pour accueillir et attirer les nombreux visiteurs dans la région. Le mariage camping-zoo dure 20 ans. Finalement, le camping est vendu à la ville de St-Félicien le 27 octobre 1993. Le camping aura coûté beaucoup d’argent à la Société au fil des ans. Devenu finalement rentable, le zoo doit quand même s’en départir pour obtenir des subventions de 3 750 000$. En effet, les gouvernements exigent une participation de la Société pour un montant de 375 000 $, argent obtenu grâce à la vente du camping.

L’année 1975 apporte du nouveau aux Sentiers de la nature. La superficie est aggrandie avec l’achat, en 1974, de terrains équivalent à 4 KM carrés et des travaux importants y sont effectués. Le lac Montagnais est creusé, le mont Keewatinook est érigé. D’autres travaux importants se poursuivent jusqu’à l’inauguration officielle des nouveaux sentiers qui a lieu le 25 juin 1978. À cette date les visiteurs parcourent un circuit de plus de 7 KM qui leur présente les animaux indigènes mais en plus, plusieurs sites historiques soient, la ferme du colon, le camp du bûcheron, le poste de traite, le campement indien, le grand tracel et le ranch de l’Ouest.

Après 8 ans d’efforts continus, les premiers bœufs musqués arrivent enfin dans les Sentiers de la Nature (1978). Le Zoo de St-Félicien devient alors la deuxième institution de ce genre au Canada à héberger cette espèce habitant la toundra.

À son 20ième anniversaire, en 1980, le zoo possède un actif de plus de 5 500 000$, des revenus bruts de plus de 1 500 000$ et reçoit 320 323 visiteurs durant l’année. Depuis les tous débuts du zoo, 4 651 024 visiteurs ont franchi les portes. Le zoo est, sans contredie, un moteur important pour l’affluence touristique dans la région du Saguenay Lac-St-Jean.

M. Gagnon reçoit les commentaires des visiteurs et voit leur intérêt éducatif s’accroître. Ce qui le fait réfléchir sur le concept du zoo de l’an 2000 et sur l’importance de transformer le zoo traditionnel. Pour aider à réaliser cette nouvelle transformation, la Fondation de la Société zoologique de St-Félicien voit le jour en 1981.

À compter de 1985, d’importants travaux sont mis en chantier. L’objectif visé de ses travaux est de créer des habitats adaptés au mode de vie des animaux afin de les sortir de leurs cages. Par exemple, 3 grands enclos de 24 m X 30 m sont construits pour les félins. Aussi, un habitat pour les chimpanzés est construit où la contention des animaux est faite par un bassin d’eau et où la clôture autour du bassin d’eau sert à retenir les humains! Pour les gros mammifères tel que girafes, hippopotames et éléphants, des murets et fossés sont presque les seuls obstacles entre les visiteurs et les animaux.

Malheureusement, un conflit de travail en mars 1986 met le zoo en lock-out pour 3 mois et fait subir de lourdes pertes financières à la Société. Le zoo vit une crise financière sérieuse et un comité de relance est créé sous l’initiative du maire de St-Félicien, M. Benoît Laprise. En 3 mois, (début 1987) l’équipe dynamique réussit à amasser plus de 1 300 000$ pour la sauvegarde du zoo.  Tous se sont impliqués pour arriver à ce résultat : employés, population en général, municipalités, corporations, gouvernements et autres.

Une importante remise en question suit et apporte des changements organisationnels, autant au niveau des employés que du conseil d’administration. La mission de la Société zoologique est établie et vise, entre autres, l’éducation, la recherche et la mise en valeur des patrimoines naturels et culturels. C’est d’ailleurs en 1987 que le service éducatif est mis sur pied afin d’actualiser la nouvelle mission du zoo. ECOL-O-ZOO est un exemple de programme éducatif, s’adressant aux écoliers. 

En 1989, l’appellation du zoo change pour devenir le Zoo « sauvage » de St-Félicien indiquant clairement le positionnement de l’institution au niveau marketing et l’évolution de l’institution.

La Société continue ses efforts et remporte en 1988 plusieurs prix régionaux.  En 1992, elle remporte le premier prix de la promotion touristique des Grands prix du tourisme québécois.

L’année 1989 voit l’arrivée du premier carcajou et la construction du Mausolée de la licorne à l’entrée du site.

On ne saurait passer sous silence la retraite du fondateur, M. Ghislain Gagnon, le 31 décembre 1992, soit 32 ans après la fondation de « son » zoo et l’accomplissement de son rêve. M. Martin Laforge, alors chef des opérations, prend la relève à la direction de l’organisme.

Le zoo devait régler le problème de ses eaux usées qui malheureusement se déversaient dans la rivière aux saumons. Grâce à la vente du camping et des subventions, la Société peut enfin remédier à la situation en septembre 1993 avec un projet (1 800 000$) avant-gardiste. Il s’agit de l’utilisation de marais artificiels pour traiter les eaux usées du zoo et du camping. C’est un projet écologique qui s’inscrit dans une politique de développement durable et une première au Québec.

Les années suivantes, un virage important s’inscrit à nouveau dans l’histoire du zoo. En effet, on envisage sérieusement de se départir de la collection d’animaux exotiques. La réflexion est amorcée car le Zoo « sauvage » se doit d’avoir son propre créneau afin d’attirer la clientèle. Les visiteurs pouvant voir des animaux exotiques dans d’autres institutions doivent être intéressés à venir visiter le zoo à cause de sa vocation unique, de sa spécificité. De plus, il y a une sorte de contradiction entre le zoo traditionnel avec ses animaux exotiques et le parc des sentiers de la nature avec sa faune indigène en liberté. C’est pourquoi, en 1993, un comité d’experts est fondé afin de se pencher sur la question.

Le comité arrive à la conclusion que seul un investissement important, restructurant la partie zoo traditionnel, permettra au Zoo « sauvage »  de se démarquer de ses compétiteurs et d’assurer sa survie. C’est le virage nordique.  En plus d’avoir un créneau unique, les finances du zoo sont assainies par l’abandon des espèces exotiques qui sont plus dispendieuses à exploiter de part leur nature. C’est ainsi que des travaux majeurs seront entrepris sur l’Île-aux-Bernard (1995), le secteur de la vallée (1996), et qu’un nouvel habitat pour les ours polaires est construit (1997). Ainsi, la flore et la faune nordique de notre pays seront bien représentés et les visiteurs pourront apprendre à connaître, apprécier et protéger le monde qui les entoure.

Ce faisant, on peut récupérer des bâtisses qui serviront à la construction (1995) d’une clinique vétérinaire moderne et ainsi répondre aux normes du gouvernement du Québec et aux critères de l’Association canadienne des jardins zoologiques et aquariums (AZAC).

À partir de ce moment, la cohabitation des animaux n’est plus exclusive aux sentiers de la nature mais se retrouve partout sur le site. Les autres nouveautés incluent la grande volière, le jardin des enfants et le centre d’interprétation baptisé le pavillon Ghislain-Gagnon.

Le Zoo « sauvage » ayant maintenant clairement défini sa vocation nordique il ne restait plus qu’à la vivre pleinement. C’est ainsi qu’à l’hiver 1997 le zoo accueillait ses premiers visiteurs, ce qui le rend maintenant accessible 4 saisons.

Et aujourd’hui, où en sommes-nous?

Après quarante-trois années d'existence, le Zoo sauvage de Saint-Félicien se métamorphose à nouveau. Au terme de multiples innovations qui ont pavé la voie à d'autres parcs zoologiques au Québec et confirmé la clairvoyance de ses fondateurs, le Zoo sauvage élargit sa mission et se transforme en une structure unique au monde : le Centre de Conservation de la Biodiversité Boréale (CCBB) (mai 2001). D'une offre de services axée presque totalement sur le divertissement, le nouveau CCBB veut augmenter la portée de son action à l'échelle locale, régionale et internationale en se donnant une approche écologique et éducative en accord avec la Convention cadre des Nations Unies sur la biodiversité adoptée à Rio en 1992 : promouvoir une conservation et une utilisation durable de la biodiversité et ce, plus spécifiquement en milieu boréal.

Donc, le Zoo « sauvage » passe de la nordicité à la boréalie. Ainsi, le créneau du Zoo « sauvage » se précise encore. Cette nouvelle étape est marquée par la construction d’un important bâtiment, le Boréalium, qui fait partie de la phase I du nouveau projet de développement.

On y retrouve :

  • La billetterie et l’accueil des visiteurs
  • Une salle de cinéma multi-sensorielle présentant notre film signature
  • Une salle de cinéma grand écran présentant des films format géant sur la faune et la flore
  • Une salle d’exposition
  • Une salle de découverte pour les jeunes
  • Un centre de documentation
  • Des laboratoires de recherches
  • Les bureaux administratifs

La phase II du projet s’ajoutera ultérieurement et visera à faire vivre diverses expériences natures aux visiteurs sur des territoires actuellement inexploités.

Tous les changements vécus par le zoo depuis les tous débuts ne sont pas que physiques, loin de là. Les modifications les plus profondes, et les plus importantes d’ailleurs, viennent d’un changement de mentalité. Nous le vivons au niveau social comme au niveau de notre institution. Le grand public possède maintenant une plus grande conscience écologique et les mots conservation et développement durable font partie du vocabulaire d’une importante partie de la population. Mais il reste beaucoup à faire…

C’est là que le CCBB entre en jeu pour éduquer et protéger. En présentant les animaux de la Boréalie dans leur globalité – interaction de l’animal avec son environnement – le Zoo « sauvage » remplit sa mission.




Une création de Bell Canada et du Centre de Conservation de la Biodiversité Boréale (CCBB inc)