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Étude sur les chèvres de montagnes

Chez les mammifères, les coûts énergétiques de la lactation sont très élevés. Conséquemment, nous avons étudié une population de chèvres de montagne vivant en milieu naturel pour déterminer si les femelles qui allaitent adoptent un comportement de quête alimentaire différent afin de pallier à l’augmentation de la demande énergétique associée à la lactation. Nous avons donc comparé le temps passé à s’alimenter, l’efficacité d’alimentation (c’est-à-dire le nombre de bouchées effectuées par minute passée à s’alimenter) et la quantité et la qualité de la végétation retrouvée aux sites d’alimentation des femelles avec et sans jeunes. La plus grande différence trouvée concernait l’efficacité d’alimentation; les femelles qui allaitaient prenaient 33% plus de bouchées par minute passée à s’alimenter comparativement aux femelles sans jeune. Conséquemment, nous voulions quantifier cette différence, c’est-à-dire déterminer ce que cette augmentation du nombre de bouchées effectuées par minute passée à s’alimenter représentait en quantité de végétation ingérée par jour pour une femelle qui allaite.

L’objectif du projet réalisé au Centre de conservation de la biodiversité boréale (CCBB) consistait donc à mesurer expérimentalement la quantité de végétation ingérée (en grammes) par bouchée consommée par les femelles chèvres de montagne vivant en captivité. La collaboration du CCBB était fondamentale puisque la réalisation de cet objectif serait très difficile, voire impossible, en milieu naturel non-contrôlé.

Ainsi, nous avons fait pousser des plateaux de végétation comprenant quatre sortes de plantes, Festuca, Agropyron, Poa et Phleum, qui sont représentatives de la flore retrouvée en milieu naturel. Avant de présenter ces plateaux aux femelles, nous avons coupé une parcelle de végétation dans chacun des plateaux afin de pouvoir déterminer la quantité de végétation qui était disponible au départ. Chaque plateau a ensuite été offert à une femelle jusqu’à ce qu’un nombre de bouchées désiré (entre 25 et 85) soit atteint. Ensuite, nous avons coupé la végétation qui restait dans chacun des plateaux. Puisque nous avons une mesure de la quantité de végétation qui était disponible au départ, il nous sera ainsi possible de calculer le nombre de grammes de végétation ingéré par bouchée effectuée. Cette mesure nous permettra de déterminer la quantité supplémentaire de végétation ingérée par jour par les femelles qui allaitent. De plus, puisque nous avons effectué des mesures de la qualité de la végétation retrouvée aux sites d’alimentation des chèvres en milieu naturel, nous pourrons quantifier l’apport énergétique supplémentaire associé à cette augmentation de la prise alimentaire chez les femelles qui allaitent.

Sandra Hamel
Mai 2005

Vous trouverez une description plus complète du projet de doctorat de Sandra Hamel au site http://www.cen.ulaval.ca/shamel.html.

De plus, vous pouvez consulter la Page Web de son directeur de recherche, Steeve Côté, pour en connaître davantage sur les recherches réalisées sur la chèvre de montagne en Alberta http://www.bio.ulaval.ca/accueil.aspx?tabid=166.