NOTE 1:
Par rapport à l’année 2000, la valeur du cheptel a diminué de $ 152 080 en 2001. Cette réduction est due à la diminution de la valeur marchande de certaines espèces (surtout orignal, caribou, bison, wapiti) étant donné la baisse de la demande.
Dr. Sandra Bergeron
Médecin vétérinaire
Conservation et recherche
Le rôle de conservation du Zoo « sauvage » a toujours été important mais avec l’avènement du Centre de Conservation de la Biodiversité Boréale la mission s’amplifie. En plus d’être un lieu d’éducation sur la préservation des espèces, le Zoo élargit son champ d’action pour participer plus amplement à des programmes de recherche visant la conservation. La création d’un Comité Scientifique composé de membres éminents de la communauté scientifique provenant de cinq universités québécoises est un atout de taille duquel s’est doté le CCBB. Le rôle du Comité est entre autres de veiller aux orientations de recherche et de conservation de l’institution.
Une place de choix est également réservée aux sciences dans le nouvel Atrium. Le Centre de Documentation permettra aux employés, aux chercheurs ainsi qu’aux visiteurs, d’accéder à de multiples sources d’informations sur la faune et la flore de la Boréalie. De plus, deux laboratoires seront mis à la disposition d’étudiants et de chercheurs. Des vitrines technologiques, meublées par nos différents partenaires financiers, devraient présenter des nouvelles façons d’exploiter les ressources naturelles tout en préservant la biodiversité. Finalement, les moyens d’interprétation présents dans l’Atrium sensibiliseront les visiteurs avant même qu’ils ne pénètrent sur le site. Plusieurs pas ont déjà été faits pour le CCBB et sa mission en fait une priorité pour nous tous, puisque ayant à cœur la préservation de notre faune et notre flore.
Nouvelles venues…
Tout au cours de 2001, combler le vide laissé par la perte de Maya et trouver de nouveaux ours polaires pour notre superbe habitat a été une préoccupation constante du Comité Cheptel. Plusieurs hypothèses ont été étudiées et plusieurs démarches ont été effectuées résultant même en l’annonce au public de l’obtention de Buzz et Neil du Zoo de San Diego. L’avenir nous aura cependant « fait mentir » et c’est avec grand plaisir que les employés et visiteurs de notre institution ont accueilli Aurora et Nakita, oursons polaires, au début de janvier 2002. Ces deux petites orphelines des glaces se sont ajoutées à notre collection grâce à un prêt de reproduction de dix ans avec le Zoo de Toronto. Les sœurs devraient être accouplées avec Nanook d’ici les cinq prochaines années, afin d’amorcer de nouvelles lignées d’ours polaires en captivité et ainsi préserver la diversité génétique de l’espèce. Âgées d’à peine un an, les petites n’ont pas fini de ravir nos visiteurs qui, eux aussi, tombent sous le charme de ces oursons dès la première culbute, glissade, plongeon ou autres !
Il est à noter que l’arrivée d’Aurora et de Nakita a suscité beaucoup d’intérêt. L’événement a été couvert par la presse régionale mais également par neuf médias nationaux et au moins onze internationaux, dont des sites de nouvelles sur internet de Colombie, Nouvelle-Zélande, d’Afrique du Sud et même par une radio japonaise! De plus, 711 visiteurs sont venus leur souhaiter la bienvenue les 12 et 13 janvier. Comme quoi, l’ours polaire demeure un animal intriguant capable d’attirer les foules et d’intéresser toutes les cultures…
Des carcajous, encore des carcajous !
La naissance de bébés carcajous est un autre élément marquant en conservation. La reproduction de cette espèce menacée est particulièrement difficile et représente un beau succès pour l’institution. Trois femelles sont nées par une journée de –33 °C à la fin de février 2001. Malheureusement, deux des petites n’ont pas survécu mais la dernière se porte à merveille. La mère a de nouveau été accouplée à l’été et nous espérons la naissance de nouveaux carcajous bientôt. Cette fois-ci nous serons en mesure de capter sur vidéo la naissance ainsi que les autres étapes du développement des jeunes, grâce aux équipements vidéo achetés avec les subventions du Fonds mondial pour la Nature, d’Environnement Canada et de la Société de la Faune et des Parcs du Québec. Plusieurs questions d’importance et de grand intérêt pour la recherche pourront être élucidées à l’aide des caméras. Le Zoo « sauvage» de Saint-Félicien a monté le Programme de Reproduction en Captivité des Carcajous en collaboration avec les gouvernements Québécois et Terre-neuvien via l’équipe du Plan de Rétablissement de l’espèce au Québec-Labrador.
Autres projets de recherche
Les recherches sur la condition physique de nos caribous comparativement aux troupeaux sauvages, sous la direction de la FAPAQ, se sont poursuivies. Les conditions au Zoo « sauvage» permettent une croissance beaucoup plus rapide chez nos faons qu’en nature. Nous collaborons également avec la FAPAQ et le Biodôme de Montréal sur le projet d’inventaires acoustiques des chauves-souris du Québec. Ce projet vise à découvrir la diversité de chauves-souris et leur répartition au Québec dans le but d’assurer leur protection. Des captures de chauves-souris au Trou de la Fée ont été faites à l’automne 2001 et des travaux de recherche sont envisagés. Finalement, plusieurs étudiants ont profité de nos installations pour effectuer leurs projets de recherche portant sur : l’enrichissement de l’ours polaire, la production de vers de terre et l’accouplement des souris.
Naissances et autres nouvelles…
Bien que la valeur du Cheptel ait diminué (dû à une baisse de la demande de grands cervidés sur le marché), il y a quand même eu 169 naissances au Zoo cette année. Parmi les naissances marquées, outre les carcajous, notons celle d’une grue du Canada; un succès dont l’équipe de santé animale et les gardiens peuvent particulièrement être fiers. Une belle addition s’est également faite dans notre Prairie Canadienne avec la présentation des chouettes des terriers : une espèce en danger de disparition de l’Ouest canadien. Nous étudions présentement la possibilité de participer aux différents programmes de reproduction de l’espèce pour assurer sa sauvegarde. Dans les nouvelles moins réjouissantes, mentionnons qu’ « oreille coupée », femelle ourse noire présente dans les Sentiers de la Nature depuis 1971, est décédée à la fin de l’été. Âgée de trente et un an cette dernière a battu de 6 ans la longévité moyenne en captivité, une autre belle démonstration de la qualité des soins prodigués par le personnel au cours des années. Avec le départ d’oreille coupée, notre pensionnaire la plus âgée devient la femelle pygargue à tête blanche qui, a elle aussi, 31 ans. Avec une espérance de vie de 50 ans, il est à parier que cette femelle demeurera la « matriarche » du Zoo pour encore longtemps!
En résumé, l’année 2001 a été riche en efforts de conservation et ces beaux succès constituent maintenant la base du Centre de Conservation de la Biodiversité Boréale; une base solide sur laquelle bâtir un futur meilleur pour toutes les espèces de la Boréalie.
Sylvie Bouchard, Biologiste-Conservateur
Éducation
Au fil de l’eau
Les doux matins d’été ne prévoient pas toujours les vents forts du soir. Voilà une image qui illustre bien l’année 2001 du département de l’éducation. Une année de calme, de belles surprises, de moments forts en émotion, de craintes et de chimères. Une année sans plus d’éclat qui en annonce une prochaine un peu plus encline aux changements. mais sans fièvre cette fois.
De la notion de nordicité qui entoure notre continent, le Zoo sauvage de St-Félicien a vu en 2001 sa carte géographique s’agrandir en priorisant le virage boréal avec la modification de sa mission, et ses orientations d’interprétation qui s’inscrivent dorénavant au cœur du Centre de conservation de la biodiversité boréale. Le CCBB, comme on le nomme, est bien plus qu’un projet, une appellation, c’est le début d’une lente transformation qui réorganisera nos manières de faire et de dire. On peut penser à un virage vert, à une orientation plus « écologique » ou encore à une meilleure intégration de notion de développement durable. L’ensemble est sans doute vrai, mais il y a encore plus : doter le visiteur de l’œil planétaire; de cette faculté de voir l’impact de nos actions dans les moindres indices que nous révèle Mère nature.
L’hiver 2000 et l’été 2001 ont offert, sous l’éclairage de cet œil planétaire, aux petits et grands, de jour comme de nuit, une multitude d’activités qui ont su plaire et faire découvrir les richesses de notre boréalie. En plus des animations aux diverses collations, des kiosques d’interprétation, des ateliers de découvertes dans Zoom-Nature, des parcours découvertes sur la flore, des visites nocturnes ou des aventures « lives » dans les Sentiers de la nature, le département de l’éducation a innové en implantant des activités hors murs. De fait, nous offrons, à travers le réseau des bibliothèques du Saguenay-Lac-Saint-Jean 4 ateliers, d’une heure, portant sur les thématiques de l’adaptation au vol, de l’univers des grenouilles, de la moufette et de la chauve-souris. C’est près de 1 000 jeunes que nous avons pu rejoindre par le biais de ces activités, en plus des quelques 4 000 étudiants qui viennent directement sur notre site. Depuis près de trois ans, le département de l’éducation emprunte une voie qui met de plus en plus l’accent sur la diversité de sa clientèle et sur la diversification de ses « produits d’interprétation ». Orientation qui dose harmonieusement les aspects éducatifs, récréatifs et culturels. Cette orientation semble une heureuse combinaison qui connaît un succès progressif auprès de notre clientèle régionale et celle de passage.
Mieux connaître sa clientèle est sans contredit posséder un atout majeur. Mieux connaître les besoins, le profil des gens qui font vivre notre site nous permet, par la suite, de développer en fonction des attentes identifiées. L’été 2001 a été l’objet d’une vaste enquête terrain. Près de 1 200 individus provenant d’un peu partout du Québec, du Canada et de l’Europe, seuls, en groupes ou en familles, ont répondu aux sondages que nous avions confiés au Centre d’Entrepreneuriat et d’Essaimage de l’Université du Québec à Chicoutimi. L’ouvrage de cueillette d’informations, de traitements de données et d’analyses ont été colossales, mais les résultats obtenus nous ont permis de mesurer le niveau de satisfaction de nos visiteurs, d’identifier les attentes de ces derniers, d’évaluer la perception de ceux-ci sur nos projets de développement et d’être mieux outillés pour améliorer nos services et la manière de les présenter. L’étude nous permettra d’utiliser les données pour analyser et trouver des pistes d’améliorations notamment en ce qui concerne la présentation de nos habitats, les messages véhiculés, les comportements du personnel, le produit Zoo quatre saisons et l’ensemble des activités dérivées. Le grand avantage de l’actuel sondage est que nous avons pu détailler et analyser les besoins et les comportements des visiteurs individuels et faisant parti d’un groupe organisé. Deux clientèles bien distinctes, aux besoins bien différents et qui demandent une attention bien ciblée.
Si 2001 a vu naître divers projets scolaires, l’implantation de multiples activités culturelles, des outils pour nous améliorer, l’an 2002 initiera une réflexion, une nouvelle ingénierie du plan d’interprétation qui demandera la collaboration de l’ensemble des collaborateurs de l’équipe éducation qui ont à cœur, par leurs expertises et par leur fidèle complicité, le devenir du Zoo.
Annabelle Laliberté
Direction éducation et développement muséographique
Mot de la présidente
Mesdames et messieurs, bonjour !
Avant même de parler projets, je veux vous confier que ce qui me motive aussi à prendre la parole aujourd’hui c’est la reconnaissance due aux différents membres de notre organisation. Vous comprendrez donc qu’il m’importe de commencer ma brève allocution en soulignant le travail de ces hommes et de ces femmes qui, depuis l’assemblée générale de l’an dernier, ont permis de jeter les bases du nouveau Centre de conservation de la biodiversité boréale.
Tout d’abord, je veux saluer mon prédécesseur, monsieur Adrien Grenier, qui, par son expérience et sa rigueur, a su bien amorcer le projet qui nous tient à cœur. L’optimisme qu’il nourrissait lorsqu’il occupait le poste de président a inspiré notre Conseil d’administration et a permis de bien consolider nos assises pour mieux définir nos actions.
Je remercie aussi tous les membres du Conseil d’administration qui m’ont apporté un soutien inestimable pendant cette intense période de repositionnement que nous avons vécue.
J’adresse un merci tout spécial à vous tous, sociétaires, qui, chaque année et avec une constance admirable, démontrez votre attachement et votre engagement inconditionnel envers l’organisation.
À vous, tout le personnel, je rappelle que notre avenir repose grandement sur votre engagement.
À monsieur Bertrand Côté, administrateur mais surtout en sa qualité de maire de la Ville de Saint-Félicien, j’adresse ma reconnaissance, car, au cours de cette année, il a su démontrer un constant souci des intérêts supérieurs de l’organisation.
Enfin, un hommage particulier à monsieur Luc Verreault qui nous quitte après une implication inestimable de plus de 11 ans. Qu’il reçoive la plus vive des reconnaissances de la part des administrateurs pour tout ce temps consacré bénévolement au Zoo « sauvage » Saint-Félicien.
À vous tous, du fond du cœur, MERCI.
Enfin, permettez-moi d’avoir une pensée spéciale pour notre Président honoraire 2001, monsieur Ghislain Gagnon, qui, par la détermination dont il témoigne toujours, nous démontre que la cause du nouveau Centre de conservation de la biodiversité boréale lui tient vraiment à cœur. Ce Centre, n’est-il pas le parachèvement de son projet d’ «Université de la nature»?
Le Zoo « sauvage » est né de l’audace et du dynamisme des gens du milieu. À l’aube de la réalisation d’un grand projet comme le Centre de Conservation de la Biodiversité Boréale, j’entends faire appel à tous ceux et celles qui ont su amener notre institution jusqu’à cette étape; afin qu’ils puissent continuer à supporter le développement de cette entreprise touristique qui aspire aujourd’hui à élargir et à diversifier son offre internationale. En premier lieu, je pense à monsieur Robert Lamontagne qui, par son support indéfectible, a assumé un leadership essentiel. C’est pourquoi, je lui demande d’accepter le titre de Président honoraire 2002 afin qu’il soit des nôtres en cette année déterminante.
Enfin, je m’en voudrais de ne pas remercier spécialement monsieur Martin Laforge, notre directeur général, pour la façon dont il s’est acquitté de ses tâches ainsi que pour sa participation franche et active aux travaux des différents comités qui se sont réunis au cours des derniers mois.
Les défis enthousiasmants qui se profilent devant nous pourront être relevés en toute assurance avec ces équipes expérimentées et formidables qui œuvrent dans notre organisation. C’est pourquoi je suis fière de vous présenter les principales orientations que s’est données récemment le Conseil d’administration et qui lui permettront d’engager l’action des prochains mois.
En premier lieu, nous réaffirmons l’engagement déjà pris de développer le Centre de conservation de la biodiversité boréale. À cet effet, les travaux du Comité de financement, présidé par monsieur Jacques Dubuc de la Compagnie Alcan, sauront sans doute vous apporter des bonnes nouvelles d’ici les prochaines semaines. Aussi, ne vous étonnez pas si, très bientôt, je vous invite à la levée de la première pelletée de terre du projet de l’Atrium.
D’autre part, le Conseil d’administration demeurera ancré dans son milieu mais ne négligera pas son ouverture sur le monde scientifique en procédant à la création de comités et de réseaux de spécialistes afin de bien répondre à la vocation du CCBB. Ce rendez-vous est vital et nous sommes convaincus qu’avec l’appui indéfectible de tous les personnels, nous saurons, comme ceux qui nous ont précédés, relever ce défi si emballant.
Mesdames, messieurs, ce fut pour moi un plaisir et un honneur de présider, pendant ces derniers mois, aux destinées du Centre de conservation de la biodiversité boréale. Je crois en mon milieu, je crois au travail d’équipe et à la concertation. Plus que jamais, je suis résolument optimiste et je sais que nous aurons, encore une fois, à réaliser ensemble d’exaltants projets qui assureront un avenir à notre organisation en exploitant encore mieux ses espaces et aussi en habitant l’espace virtuel de l’Internet, complément international de notre mission.