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Reproduction en captivité des carcajous

Programme de Reproduction en Captivité du Carcajou
Le carcajou est une espèce menacée dans l’Est canadien. Il n’y a pas eu d’observations en nature depuis 20 ans au Québec et 50 ans au Labrador. Pour remédier à la situation une équipe d’experts a participé à l’élaboration d’un « Plan de Rétablissement » pour l’espèce. Dans ce Plan, le Zoo « sauvage » est responsable de la mise sur pied d’un programme de reproduction en captivité afin de pouvoir mieux comprendre les facteurs menant à la production de jeunes viables. À l’opposé de mustélidés, comme le vison, dont l’élevage en captivité est « facile », celui des carcajous ne l’est pas avec très peu d’institutions à travers le monde réussissant à les reproduire de façon répétitives. Notre manque de connaissances sur les comportements de l’espèce, dû à l’occupation par les carcajous de grands territoires loin des humains, est à combler si l’on veut pouvoir protéger les populations restantes. Les résultats de nos recherches serviront donc à une meilleure gestion de ces magnifiques animaux.
Reproduction de l’espèce au CCBB
Le Zoo possède un couple de carcajous, originaires du Yukon, depuis 1996.
Des accouplements ont été observés pendant quelques étés à la fin des années 1990 mais sans production de jeunes.
En juillet 2000 un accouplement a été observé.
Au début de décembre 2000 la femelle a été isolée du mâle et placée dans l’enclos de maternité situé derrière l’habitat principal des carcajous. En nature le mâle et la femelle ne se côtoient que durant l’accouplement. Il est possible que le manque de succès des années précédentes soit dû à la présence constante du mâle avec la femelle.
Le 28 février 2001 la femelle a donné naissance à trois femelles, au milieu du petit enclos. Un cercle de neige fondue indiquait l’endroit. Trois tanières, dont une isolée, étaient disponibles pour la femelle qui malgré une température de -33 °C a préféré mettre bas à l’extérieur.
Malheureusement, les petites femelles sont décédées lors de leur premier été. Une est morte d’une entérite aigue et une autre a été euthanasiée. Elle souffrait d’une maladie dégénérative de la moelle épinière. La troisième quant à elle, est morte suite à des blessures infligées par un mâle qui l’a agressée au lieu de l’accoupler.
En décembre 2001 la femelle a de nouveau été isolée seule dans l’enclos de maternité. Elle a été mise avec le mâle de la mi-juin à la mi-août 2001 mais nous n’avons pu observer d’accouplements. Le couple était dans un enclos à l’arrière et donc peu visible.
En nature certaines femelles ne produisent des jeunes qu’à tous les 2 ou 3 ans mais les bonnes conditions de vie au Zoo « sauvage », notamment en ce qui concerne l’abondance de nourriture, favorise sûrement les naissances annuelles puisque la naissance de bébés carcajous s’est à nouveau produite! Le 2 mars 2002 naissaient 2 bébés, soit un mâle et une femelle. Un autre succès très important pour l’espèce.
Encore une fois il semblerait que la production de jeunes viables soit difficile puisque la femelle n’a pas survécue. Le jeune mâle cependant est en pleine santé et a été transféré à une autre institution pour s’accoupler et produire une nouvelle génération d’individus en captivité.
Pas de naissance au printemps 2003, l’analyse des bandes vidéo est présentement en cours afin de déterminer si la femelle n’a pas mis bas cette année ou si elle a avorté.

Subventions et Objectifs de Recherche
À l’automne 2000, plusieurs demandes de subvention ont été effectuées. L’argent demandé devait servir entre autres à construire un nouvel habitat. Les sommes nécessaires à cette construction, soit 130 000$, dépasse ce qui est généralement alloué pour des projets de recherche et n’ont pu être obtenues. Cependant deux subventions (Fonds mondial pour la nature et Faune Nature), totalisant 25 000$ ont été accordées au projet. Les principales dépenses étaient reliées à l’achat et l’installation d’équipement vidéo dans des tanières artificielles.
L’enclos de maternité des carcajous est maintenant complètement couvert par des caméras vidéos et lumières infrarouges (permettent d’enregistrer même en noirceur totale sans déranger l’animal). L’observation en continu de la femelle va nous permettre de répondre à plusieurs questions sur l’écologie de cette espèce mal connue. Par exemple : le carcajou dort et est actif pendant combien de temps par jour? À qu’elle heure? Les petits naissent-ils rapidement un après l’autre? La femelle allaite pendant combien de fois par jour, pendant combien de temps? La femelle déplace les jeunes combien de fois et comment? Quand les jeunes ouvrent-ils les yeux? Quand commencent-ils à sortir de la tanière? À manger de la viande? ETC. ETC. ! Le nombre de données disponible sur ses bandes est considérable, ce qui rend le tout très précieux.
L’analyse des bandes se poursuit et il est fort à parier que plusieurs surprises nous permettant d’en apprendre plus sur le mystérieux animal qu’est le carcajou, soient à venir.
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